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FOCUS DU MOIS

La traversée de la Marne - Droit de péage

Alors que plusieurs indices semblent montrer qu'un pont avait déjà été établi à l'époque romaine, si l’on en croit notamment l’étymologie du nom Bry, du gaulois “briva” signifiant “pont”, l’existence du bac de Bry est véritablement attestée en 1362. A cette époque, les seigneurs de Bry voient leur pouvoir étroitement associé à la possession de différents droits et intérêts sur le cours de la Marne, contrôlant le franchissement de la Marne mais exploitant également un bac dont ils tiraient d’importants revenus. Un port alors situé dans les environs du pont actuel est aménagé le long de la rivière pour faciliter l’accostage du bac seigneurial. La rue du Port qui fait face à l’actuel pont de Bry rappelle l’existence de cette ancienne infrastructure fluviale. Tous les usagers du bac devaient donc s’acquitter d’une redevance de passage, redevance variant selon que l’usager était accompagné ou non d’un cheval, d’une bête de somme ou d’un animal d’élevage, qu’il voyageait en charrette, chariot ou carrosse. Bien évidemment, les seigneurs de Bry, leur famille et leurs principaux officiers étaient exemptés de toute redevance.

En juillet 1830, une ordonnance du roi Charles X confia à Jean-Marc Gras et Jules Seguin la construction d’un pont suspendu sur la Marne à l’emplacement du bac, moyennant la concession d’un péage, et ce, pour une durée de 70 ans ! Commencée en août 1830, la construction du pont s'achève en juillet 1831. Au fil des années, le pont présenta de nombreux inconvénients, notamment en raison de son manque de solidité. Ne supportant pas les charges trop lourdes, les soldats ne pouvaient ainsi franchir la Marne que par petits groupes et en rompant le pas afin de ne pas provoquer la rupture du pont par phénomène de résonance. Les voitures y roulaient à allure réduite causant de la sorte de nombreux embouteillages. Pis encore, à toutes ces contraintes s’ajoutait l’obligation de s’acquitter d’importants droits de péage, véritables freins au développement économique de la commune. Ce fut la guerre de 1870-1871 qui, indirectement, permit de résoudre les difficultés.

En septembre 1870, afin d’empêcher le passage de l’armée prussienne et d’isoler la capitale assiégée, le pont suspendu fut détruit par les troupes françaises alors en retraite. Un pont provisoire fut mis en place jusqu’en juillet 1873, date à laquelle un nouveau pont, plus solide, fut ouvert à la circulation. Malheureusement pour ses usagers et les habitants Bryards, ce pont restait toujours soumis à péage. Le pont de Bry restait le dernier pont à péage du département ! Exaspérés, les bryards et usagers du pont adressèrent de nombreux vœux et pétitions aux autorités pour obtenir la libre circulation et la suppression de cette taxe vue comme un vestige de servitude digne de l’Ancien Régime !

Face à ce mécontentement grandissant et dans un contexte d’engouement pour les bords de Marne et de multiplication des lotissements, le Conseil général de la Seine se résolut à racheter le péage à la société concessionnaire. Reconnu d’utilité publique le 31 décembre 1883, le 26 avril 1884, à minuit, le pont fut officiellement rendu au service public !

 

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