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FOCUS MENSUEL

La mairie de Bry-sur-Marne

Jusqu’au milieu du XIXè siècle, en raison de la faiblesse de sa population, la commune de Bry-sur-Marne ne disposait pas d’une véritable mairie.

En 1838, grâce à un don de 2 500 francs accordé par Geneviève de Rigny en mémoire de son oncle le baron Louis, la commune put disposer d’une véritable mairie. Un terrain fut acquis à l’entrée de la Grande Rue et, en 1840, un petit bâtiment servant de mairie fut élevé à cet endroit. Très vite, cependant, en raison du lotissement du domaine de Bry et de l’augmentation de la population bryarde, le nouveau bâtiment auquel on avait joint en 1845 une école, se révéla vite trop exigu. Le conseil municipal envisagea donc la construction d’une nouvelle mairie, beaucoup plus adaptée aux besoins communaux.

Une nouvelle fois, la générosité et le soutien des châtelains de Bry furent déterminants pour la réalisation de ce projet. Grâce à un legs de 10 000 francs accordé par Geneviève de Rigny à la commune (1857) et fort de l’appui du nouveau châtelain François Devinck, qui fit jouer ses relations politiques pour décrocher des subventions, la municipalité réussit à réunir les fonds nécessaires pour la construction, à l’emplacement de l’actuel hôtel de ville, d’un nouveau bâtiment destiné à servir à la fois de mairie et d’école.

Le choix du lieu d’implantation de la nouvelle construction, la place des Préaux, revêt une forte dimension symbolique. C’est en effet, à cet endroit que se tenait la place publique du village depuis des temps immémoriaux. Les habitants de Bry possédaient cette place en commun et c’est autour d’elle que se cristallisa la vie du village pendant des siècles. Elle était originellement entourée d'une “salle d’ormes”, formée de deux rangées de six ormes chacune. Mentionnés dès le XVème, ces arbres étaient soigneusement entretenus par la communauté villageoise, qui défendait jalousement son petit patrimoine face aux prétentions seigneuriales. 

En 1747, le propriétaire de l’hôtel de Malestroit, Charles Carré de Lorme, qui désirait jouir d’une agréable vue depuis la terrasse de sa propriété, s’accorda avec les habitants de Bry pour supprimer les noyers et les saules qui poussaient anarchiquement sur la place publique. En compensation, Charles Carré de Lorme fit établir une nouvelle salle d’ormes, formée cette fois-ci de vingt-quatre ormes et réalisée suivant les plans de Jean Moisy, maître jardinier à Paris.

Le dernier orme de la place fut abattu en 1904. Avant la révolution, la place était bornée par une croix de pierre et par le pilori seigneurial, instrument du pouvoir coercitif du seigneur de Bry. Cette place fut le théâtre de nombreux événements qui marquèrent l’histoire de Bry, comme la proclamation de la constitution de 1848 ou la destruction des livres terriers seigneuriaux en 1793. Pendant la Révolution, un autel sur lequel fut placé un buste de Marat y fut installé. La place des Préaux est étroitement liée à l’histoire et à la vie de la commune et le choix qui a été fait de construire la maison commune à cet endroit témoigne très nettement de la volonté des Bryards de s’inscrire dans cette continuité.

Le nouvel hôtel de ville fut réalisé selon les plans dessinés par l’architecte départemental Claude Naissant. Le projet prévoyait la construction d’un corps central carré réservé aux services municipaux, auquel étaient jointes deux ailes en retrait où devaient être installées les écoles de filles (aile gauche) et de garçons (aile droite). Les travaux menés par l’entrepreneur bryard Guillemin commencèrent en 1864 et durèrent deux années. La nouvelle mairie et les écoles ouvrirent leurs portes aux Bryards en 1866. Les bombardements français et les combats de 1870 endommagèrent gravement le bâtiment construit quelques années seulement auparavant. Les écoles furent entièrement incendiées. Des travaux de réparation furent réalisés en 1872 grâce à des subventions départementales, les finances communales ne pouvant assumer seules cette charge.

A la fin du XIXè siècle, l’extension des services municipaux rendit nécessaire l’agrandissement de la mairie. Les bureaux étaient en effet devenus beaucoup trop petits pour faire face au surcroît d’activité suscité par l’augmentation de la population bryarde, tandis que les archives, les drapeaux, les décors et l’équipement des pompiers devaient être entassés dans les greniers. En 1894, afin de gagner de l’espace, il fut tout d’abord décidé d’annexer à la mairie l’école des filles, qui fut transférée dans un nouveau bâtiment. Puis, en 1900, d’importants travaux d’extension furent réalisés sous la conduite de l’architecte Charles Quéru. Afin de doubler la surface des locaux, le bâtiment central fut étendu dans le sens de la profondeur, vers la Marne. Pour desservir l’arrière du bâtiment, une nouvelle voie, la rue Félix Faure, fut créée à cette occasion. L’inauguration fut célébrée le 23 juin 1901, en présence de M. de Selves, préfet de la Seine.

Dans les années 1920, l’exiguïté de la mairie fut à nouveau à l’ordre du jour. Plusieurs pistes furent étudiées, en particulier le transfert de la mairie dans le château Lorenz, acquis par la commune en 1925. L’idée fut même soumise à référendum, en novembre 1928, mais à une petite majorité, les électeurs bryards rejetèrent cette option. On préféra finalement s’orienter vers la construction d’un nouveau groupe scolaire, qui permit de libérer les locaux scolaires contigus à la mairie et de les affecter aux services municipaux. 

"Jusqu’au milieu du XIXè siècle, en raison de la faiblesse de sa population, la commune de Bry-sur-Marne ne disposait pas d’une véritable mairie."

L’ancienne école des filles (aile gauche) accueillit la bibliothèque communale et une salle de conférences destinée aux sociétés locales. L’ancienne école des garçons, située à l’emplacement de l’actuel marché couvert, fut convertie en salle des fêtes communale. L’ancien préau couvert (actuelle salle Daguerre) fut quant à lui transformé dès 1921 en salle de projection cinématographique, laquelle fonctionna jusqu’à la fin des années 1970.

L’hôtel de ville n’a ensuite bénéficié d’aucuns travaux majeurs pendant plusieurs décennies. Il fallut attendre 1959 pour que d’importantes rénovations soient réalisées. Les années 1968-1973 ont vu de nouvelles opérations de modernisation et d’aménagement (rénovation de la bibliothèque installée en 1931, aménagement de bureaux dans les ailes, réorganisation des bureaux du pavillon central). Les derniers grands travaux ont été effectués en 2008-2010 et ont débouché sur un réaménagement en profondeur des locaux et la construction d’un bâtiment administratif annexe de l’autre côté de la rue Félix Faure.

Source : Bry-sur-Marne, Histoire et Patrimoine, Société Bryarde des Arts et Lettres, 2012

 

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